10 mai 2016

Pour en finir avec les Pléiadiens, les Orionites et les Zeta-réticuliens

Tout le monde connaît plus ou moins ces fameuses constellations et amas qui nous aident à repérer les étoiles dans le ciel nocturne. Depuis des lustres, l'homme a dessiné ces contours qui rappellent des formes animales ou des personnages mythologiques. Elles aident à mémoriser l'emplacement de ces astres qui semblent ne jamais se séparer dans leur course apparente sur la voûte céleste. Mais tout cela n'est que convention. En effet les étoiles qui forment les constellations n'ont rien en commun. Elles se trouvent juste dans l'axe de notre observation bien terrestre : une vue 2D d'une réalité 3D qui ne laisse aucune place à cette imaginaire corrélation entre les astres. D'un point de vue astronomique, les étoiles qui composent la constellation d'Orion n'ont absolument aucun lien entre elles. Plusieurs dizaines d'années lumières séparent ces étoiles.

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© Don Dixon / cosmographica.com - Une vue en 3D de la constellation d'Orion

Il en est de même pour toutes les constellations qui composent le zodiaque et les amas comme les Pléiades. Composé d'une douzaine d'étoiles visibles à l'oeil nu, on retrouve des traces de cet amas depuis la préhistoire. La plupart des civilisations antiques lui accordaient une importance car elle marquait le début de l'hiver pour certains observateurs. Aujourd'hui on ne compte pas moins de 3000 étoiles dans cet amas ! Inutile de préciser que les distances qui les séparent sont astronomiques !

Admettons que cet oeil soit une constellation :

© Perceptual Shift - Michael Murphy - Vidéo : Oeil composé de 1252 balles en bois

Changement de perception

La vidéo ci-dessus est l'illustration parfaite de la manière dont nous imaginons une constellation du point de vue terrestre. Cependant, si on voyage un peu dans le cosmos et que l'on sort de notre angle de vue étroit, on s'aperçoit qu'il n'y a aucun lien objectif entre ces étoiles.

Les extraterrestres et les constellations

Dans la littérature qui traite des contacts avec des extraterrestres, on trouve toute une galerie d'entités qui prétendent venir d'Orion, des Pléiades, de Zeta Reticuli et de bien d'autres endroits de l'univers. Sur internet aussi, il existe une multitude de vidéos délirantes sur le sujet. Leur caractère sectaire est parfois inquiétant et ne repose sur rien de crédible d'un point de vue astronomique.


23 septembre 2014

Les trucs faux qu'on entend sur les satellites artificiels...

Debris-et-satellites
Illustration du nombre de satellites et débris en orbite autour de notre planète

En discutant avec mon entourage ou des témoins, j'entends parfois des idées reçues ou des affirmations fausses qui méritent un détour. On va en lister quelques unes, rapidement :

- "si un satellite apparaît au milieu du ciel, ce n'est pas normal !"
Les satellites parcourent la voûte céleste d'un horizon à l'autre mais ils peuvent apparaître ou disparaître n'importe où car leur visibilité dépend de l'angle du soleil (qu'il soit couché ou pas) et de votre position au sol (latitude). On peut donc voir apparaître ou disparaître un satellite dans une petite portion du ciel selon qu'il entre ou sort de l'ombre de la Terre.

- "les satellites ne zigzaguent pas, ils vont tout droit"
Non les satellites ne zigzaguent pas mais on peut, dans certaines conditions, avoir l'impression qu'ils ondulent ou zigzaguent. C'est une illusion d'optique connue et reproductible.

- "les satellites ne volent pas en formation"
Si parfois. Certains par deux, trois, quatre ou même six ! On peut également avoir des poursuites, par exemple lors d'une satellisation on voit deux (ou plusieurs) points lumineux se suivre : il s'agit en fait du ou des satellites et du dernier étage de la fusée porteuse. Certaines fusées libèrent plusieurs satellites.

- "les satellites tournent tous dans le même sens"
En majorité oui mais pas tous. Certains ont une orbite rétrograde (au lieu de prograde).

- "les satellites sont tous inhabités"
L'ISS (la Station Spatiale Internationale) est habitée en permanence par au moins 3 astronautes (le plus souvent 6). Les équipages se relaient grâce à un module russe Soyouz, ce qui tracasse pas mal les américains qui souhaitent rapidement utiliser un autre porteur depuis que les navettes ont été arrêtées.

- "les satellites sont en apparence plus petits que les avions en haute altitude"
Quand l'ISS passe au-dessus de nos têtes, on a l'impression qu'il vole à la vitesse d'un avion de ligne à basse altitude, alors qu'en moyenne, il orbite à 400 km d'altitude et trace à 26 000 km/h. L'évaluation est altérée par la taille apparente - celle d'un avion - alors qu'il mesure en réalité plus de 120 m.

- "les satellites sont visibles sur un bon tronçon de ciel"
Oui, mais certains ne font que "flasher" un instant. Ils apparaissent et disparaissent en quelques secondes sous la forme d'un flash lumineux blanc (satellites Iridium par exemple). C'est dû à la réflexion du soleil sous un angle très court. Un peu comme quelqu'un qui balaye votre visage avec le reflet d'un miroir. Le spot de lumière n'est visible (dans la magnitude annoncée) que sur un diamètre de 10 km au sol. Le moment est prévisible, on peut en voir toutes les nuits (et même le jour parfois, c'est d'ailleurs impressionnant).

- "on ne peut pas voir les satellites le jour"
Si si, à l'oeil nu ! Les flashes Iridium sont un bon exemple.

- "les satellites clignotent"
Non la luminosité des satellites provient de la réflexion du soleil sur les antennes, radiateurs ou panneaux. La lumière est permanente, le plus souvent blanche. Certaine conditions peuvent les faire apparaître jaunâtres ou orangés mais la luminosité est fixe. Il peut y avoir des variations de luminosité selon la clarté du ciel mais pas de clignotement. La seule exception (rare) est quand l'objet en orbite virevolte sur lui-même (satellite hors de contrôle, coiffe de fusée porteuse, débris).

- "les satellites forment un sillage ou une traînée derrière eux"
Non, sauf s'il entre dans l'atmosphère et là, c'est pas bon pour lui ! Il est en fin de vie.

- "les satellites sont peu nombreux"
On en compte plus de 1200 en orbite.

- "les satellites qui retombent sur Terre sont rares"
Il en tombe sur Terre régulièrement mais heureusement le plus souvent dans l'océan ! Si on compte les débris, en moyenne tous les mois on a droit à une rentrée atmosphérique.

- "les satellites gardent la même orbite (altitude)"
Les satellites se rapprochent inexorablement chaque jour de la Terre. Certains d'entre eux peuvent voir leur orbite rehaussée, comme l'ISS. C'est d'ailleurs l'une des missions du cargo de ravitaillement européen ATV.

- "tous les satellites sont répertoriés"
Non. Les satellites espions ou militaires sont par nature secrets et non répertoriés. En France, ils sont traqués par le radar Graves. Il y aurait plus de 50 000 débris de satellites en orbite.

- "les satellites ont une durée de vie limitée"
Oui environ 15 ans mais si on choisissait une orbite lointaine, ils pourraient tourner plusieurs milliers d'années.

- "les satellites ne peuvent pas faire du sur-place"
Si ! Quand l'orbite est calculée pour être synchrone avec la Terre, ils peuvent paraître statiques. Les satellites géostationnaires servent principalement aux communications et à l'observation au-dessus d'un point choisi.

- "si un satellite semble ralentir et accélérer ce n'est pas normal"
Cette illusion est commune en particulier pour l'ISS. C'est dû à la courbure de sa trajectoire. On a vraiment l'impression d'un léger ralentissement et d'une légère accélération.

- "à l'oeil nu, les satellites sont lumineux comme des points blancs ou des étoiles"
Oui mais certains satellites peuvent réfléchir le soleil de manière spectaculaire comme les Iridium (-8) ou l'ISS (-4 comme Vénus).

Posté par blogovni66 à 19:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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