09 août 2016

Rêves et Légendes d'hier et d'aujourd'hui, la récidive d'Olivier Rimbault

OR-reves-et-legendes

Après Démons et merveilles du Canigou, Olivier Rimbault nous propose de nouvelles promenades commentées dans le monde imaginaire collectif, depuis les temps préhistoriques jusqu'à nos jours, sur une aire géographique couvrant essentiellement le Pays catalan, les Pyrénées et toute l'Occitanie.

Rêves et Légendes d'hier et d'aujourd'hui - Leçons de folklorisme, éditions Les Presses Littéraires.

En 14 leçons
(il n'a pas osé 13...), Olivier Rimbault nous fait découvrir l'essence du folklorisme. Comme à son habitude, l'information est dense, riche, précise et petit à petit, on se laisse glisser dans le voyage extraordinaire de la vie ordinaire de nos ancêtres. Le fantastique, le merveilleux côtoient la psychologie, la philologie, les textes anciens alors qu'un rappel permanent à l'esprit critique, rationnel, pragmatique, s'impose au fil de la lecture.


La quatorzième leçon : les ovnis et leurs interprétations

L'auteur revient à plusieurs reprises sur l'ufologie et les témoignages contemporains et anciens. L'hypothèse extraterrestre n'est jamais complètement rejetée mais de nombreuse démonstrations choisies peuvent nous convaincre d'une hypothèse psycho-sociale dans bien des cas.

Comme l'indique le titre de ce chapitre, l'auteur aborde le sujet épineux des ovnis et de leur interprétation. Si les contes et légendes du passé sont reconnus comme tels, quelle est la part contemporaine du folklorisme ? Où se niche-t-elle ? Pourquoi le XXe siècle ne serait-il pas contaminé par des croyances modernes comme l'ont été le moyen-âge et la Renaissance ? Quid des témoignages ovnis ? Quels liens unissent la science-fiction, le folklore, les légendes et les récits extraordinaires que l'on rencontre en ufologie ? Simples hallucinations délirantes ? Lequel nourrit l'autre ?

Et si les ovnis avaient toujours été là ?

On remarquera un hommage appuyé à Bertrand Méheust qui se défend d'être un débunker ou un réductionniste (il faut savoir que ses premiers écrits étaient publiés au même moment que ceux de Monnery qui avait commis "Et si les ovnis n'existaient pas ?"). Pour lui, le sujet ovni ne peut se réduire à une simple transposition inconsciente d'imageries issues de la science-fiction face à l'inexpliqué sinon il aurait cessé immédiatement de s'intéresser à la question. Méheust reconnaît qu'il y a un facteur incompréhensible dans les dossiers ovnis avec peut-être un fond de phénomène réel sur lequel on aurait plaqué toutes ces "représentations". Le sujet est brûlant...

En bon conteur, Olivier Rimbault nous offre ici un véritable traité de folklorisme.

Note : il convient d'avertir le lecteur que le passage de la première à la seconde leçon est aussi contrasté que le moment de l'ouverture d'un parachute comparé à celui de la chute libre qui précède mais dans le sens contraire. Avis aux amateurs.


Pascal Guillaumes

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15 février 2015

Droit de réponse de l'auteur du livre "Démons et merveilles du Canigou"

Demons_et_Merveilles_du_Canigou

Je suis l’auteur de ce livre et je viens de découvrir le compte-rendu de Pascal Guillaumes. Je conclus à sa lecture que je dois des excuses et quelques explications supplémentaires puisque Pascal Guillaumes met en lumière les ombres de la position que je tiens dans le livre par souci de rester « scientifique » sur le sujet de son excellent blog (ce sujet, on l’a compris, n’occupe qu’un chapitre de Démons et merveilles du Canigou). Que veuillent donc bien m’excuser ceux que mes observations sur la littérature ufologique pourraient blesser. Je vais essayer de clarifier mon « blougi boulga », pour reprendre l’expression de Richard :

1) La connaissance rationnelle (la science est par définition une connaissance rationnelle) est un mode de connaissance parmi d’autres. Il a ses avantages comme le savent tous ceux qui ne prennent pas une corde le soir pour un serpent, ou ceux qui utilisent les outils et les machines à notre disposition au quotidien, depuis la cuillère en bois jusqu’à l’avion, en passant par la canne à pêche et le réfrigérateur ; je parle autrement dit de tous les humains.

2) La raison est ce qui, dans l’intelligence humaine (ou éventuellement extraterrestre), lui permet de distinguer (temporairement) entre l’impossible, le plausible et le certain. On peut ne pas être préoccupé par ce genre de question. Par exemple dans ce livre, je ne fais pas œuvre de romancier (ce que j’aime faire aussi), j’essaie seulement d’avoir une démarche scientifique sans affirmer que c’est le seul point de vue possible sur la vie. L’amour est-il pour la plupart d’entre nous une démarche scientifique ? Non, et pour beaucoup d’entre nous heureusement ! De plus, j’approfondis cette démarche dans une direction bien précise, qui est celle du folklorisme étudié dans une perspective historique (l’histoire des croyances si l’on veut). Je ne fais donc pas un travail d’ufologue au sens où certains lecteurs l’entendent peut-être. L’ufologue stricto sensu est libre de trouver utile ou non mon travail pour le sien.

3) D’ailleurs, je vais être plus clair encore sur ce point. Je n’ai pas écrit dans le livre que l’hypothèse de visiteurs extraterrestres sur notre planète pour expliquer de nombreux témoignages étonnants relevait de l’impossible (et l’on peut me reprocher ce flou). Pour moi, d’un point de vue qui se veut scientifique c’est-à-dire, il faut le reconnaître, pour l’ensemble de l’humanité à ce jour, cette idée relève du plausible. Cela ne remet pas en question l’expérience de ceux qui ont très sincèrement vécu une expérience de rencontre du 3ème type. Je comprends leur sentiment de solitude. Ceux qui ont dit les premiers que la terre tournait autour du soleil ont eu le même sentiment.

4) Comme vous l’écrivez vous-même sur ce blog avec beaucoup d’honnêteté, 99% (je vous fais confiance pour le chiffre que l’on ne va pas discuter au dixième près) des vidéos d’ovnis trouvées sur internet sont des trucages ou des méprises. Or le folkloriste fait des rapprochements qui permettent d’expliquer le succès populaire et certains détails de ces récits : par leurs caractéristiques (en tant que récits et rien de plus, car ce ne sont pas tous des rapports de gendarmerie ou des comptes-rendus scientifiques), un grand nombre de ces témoignages ressemblent fortement aux histoires mythiques ou légendaires traditionnelles (mots dont j’explique le sens dans l’introduction du livre et auxquels je ne rattache aucun « mépris rationaliste », comme je l’explique aussi tout au long de l’ouvrage). Pour le dire autrement, le folkloriste, quand il s’associe à l’historien des croyances (c’est plus facile avec le même cerveau, et le mien ne cherche vraiment pas à « en mettre plein la vue »), explique pourquoi, si l’on a vu des E.T. il y a 500 ans ou plus (ce qui est pour moi plausible), on ne pouvait pas les appeler extraterrestres, parce que ce mot et toutes ses références culturelles et techniques (la littérature de SF, la navigation spatiale, etc.) n’existaient pas à l’époque : on les appelait donc forcément dieux ou démons ou peut-être même fées, dracs, simiots, fantômes, etc. D’ailleurs, en matière de « démons », je suis un homme qui a « directement vu la belette » pour reprendre votre expression, comme je le raconte aux pages 260-261 du livre, ce qui ne m’empêche pas de réfléchir rationnellement à ce qu’il pourrait y avoir vraiment derrière ce mot et mes propres expériences. Même si je rencontrais un extraterrestre, lui et moi n’aurons pas la réponse à toutes les questions que se pose la science dans différents domaines. Par exemple, qu’est-ce que la conscience ? Quel sens a cette rencontre pour moi (et pour lui) dans cette brève existence qui est la nôtre en tant qu’êtres singuliers dans ce cosmos ? Etc.

5) J’espère que toutes ces clarifications montrent à quel point que je ne suis nullement un « zététiste » (au sens que je donne à ce mot, le même, visiblement, que pour Pascal Guillaumes). Je crois que la science doit être très humble et aussi complexe que possible (complexe dans le sens contraire à simplificatrice), c’est-à-dire que la pensée scientifique ne doit pas être une pensée purement binaire. Il n’y a pas le vrai et le faux d’après ce que moi je crois avoir compris de ce qui est impossible ou certain. Je crois même avoir expliqué clairement dans Démons et merveilles du Canigou que tout point de vue scientifique a ses limites, à cause de l’époque où il s’inscrit bien sûr, mais surtout à cause de la part de subjectivité qui entre forcément selon moi dans toute quête de la vérité objective sur bien des sujets. Mon livre n’échappe donc pas à la règle. C’est bien pour cela que je préfère parler d’hypothèse plausible plutôt que de réalité possible (terme neutre, et qu’on peut percevoir légitimement comme condescendant). La science trie ses hypothèses de recherche en fonction de motivations qui ne sont sans doute jamais aussi neutres que le croient le chercheur et sa communauté. L’attitude prudente que je défends et que j’ai peut-être mal expliquée dans le livre est pour moi celle qui fait le mieux avancer la science (et surtout l’espèce humaine grâce à elle !). J’apprécie justement le blog OVNI66 parce que c’est l’attitude qui guide avec évidence son éditeur et rédacteur en chef.

Merci beaucoup pour cet échange ! Avec ma sincère amitié,
Olivier Rimbault (Perpignan, le 15 février 2015)

Ce droit de réponse est un complément de l'article :
Démons et Merveilles du Canigou, un ouvrage "conte instable" d'Olivier Rimbault

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05 octobre 2014

Démons et Merveilles du Canigou, un ouvrage "conte instable" d'Olivier Rimbault

Demons_et_Merveilles_du_CanigouAvertissement :

Je viens de terminer cet ouvrage qui m'a laissé un goût amer car il a fait naître en moi des sentiments forts mitigés. L'auteur est un spécialiste de littérature néolatine, agrégé et doctorant en lettres classiques. Certes, il nous en met plein la vue et on appréciera sa culture universitaire que personne n'osera contredire. Mais cela ne suffira pas à rendre crédibles ses interprétations. En effet, l'auteur mélange les thèmes insolites pour en faire une collection de légendes contemporaines : un pot-pourri dans lequel se côtoient la dame blanche, les extraterrestres, en passant subtilement par les complotistes ou le triangle des Bermudes ; les reptiliens, les gris seraient les démons du XXIe s et les blonds ummites, des fées contemporaines d'un monde habité par des paranoïaques naïfs. "Woaw" comme dirait Seti ! Cela ressemble plus à du débunking rationaliste zététique qu'à une démonstration théorique objective !


Selon Olivier Rimbault, les dossiers OVNI, les rencontres du 3e type, l'ufologie et ses acteurs (témoins, enquêteurs, ufologues) construisent des nouveaux mythes contemporains qui viennent s'ajouter aux contes et légendes du passé, avec les fées, les monstres des lacs, les sorcières et autres déformations historiques issues de transmissions - orales ou écrites - peu importe finalement, puisque ces dernières sont le fruit de témoignages antiques, arrangés selon le contexte politico-religieux du moment, déformés sur plusieurs générations. Le parallèle est facile mais il ne tient pas à la lumière d'une expérience de terrain avec les acteurs biens vivants de notre époque. De la poussière des documents anciens il ne ressort peut-être que des croyances populaires mais à mes yeux,  l'homme qui a lu l'homme qui a écouté le chasseur qui connaissait le berger qui a vu l'Ours n'a certainement pas la même crédibilité que le procès verbal de l'homme qui a directement vu la belette. Allez dire à celui qui a contemplé dans ses vignes deux êtres humanoïdes qui décollent dans un engin hors normes dans le ciel de Cabestany, qu'il contribue à fabriquer un mythe, un conte, une légende ! Vous serez bien reçu monsieur Rimbault.

Malgré la richesse des informations de cet ouvrage fort intéressant pour ce qui est de l'historiographie, je ne peux cautionner le mépris avec lequel sont considérés les témoins contemporains de ces phénomènes insolites (expliqués ou pas, peu importe !). Le folklore Catalan, la psychologie transgénérationnelle ou la justification rationnelle des légendes sont des sujets d'études respectables que nos ancêtres ne viendront pas contredire. Le mélange des genres (l'auteur croise des disciplines variées : le folklorisme, l’Histoire, la toponymie, l’archéologie, la mythologie comparée, la psychologie, etc.) permet d'interpréter comme on veut, dans tous les sens, selon ses propres croyances ou convictions... On ne prend pas de risques avec le passé ! Les témoins d'OVNI eux, sont bien vivants et ne sont pas tous des illiterati, loin de là ! Les enquêteurs, les ufologues, les gendarmes qui recueillent les témoignages directs ne colportent rien, ils transmettent le récit fidèle, de première main, du témoin direct. Ceci ne permet aucune comparaison avec les légendes traditionnelles qui se sont transformées avec le temps, au fil du contexte social. Malgré ce point de désaccord, je recommande aux férus d'Histoire et de légendes catalanes la lecture de ce livre qui aurait pu se passer, finalement, du chapitre 15.

Pascal Guillaumes

Cet article a reçu un complément le 15 février 2015 :
Droit de réponse de l'auteur du livre "Démons et merveilles du Canigou"

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01 janvier 1998

LE CAS JACQUES BLEY

De Barcelone au Canigou, en passant par Perpignan...
Conte, histoire ou légende d'un homme "protégé".

LE CAS JACQUES BLEY Résumé d'une enquête d'Antonio Ribera*

Extrait de "OVNI-E.T, LA VÉRITÉ CACHÉE : Terre, ta civilisation fout le camp !" de Jimmy Guieu

Jacques Bley est né le 20 juillet 1911. Affecté d’une forme grave de Lymphatite, c’était une vraie boule de graisse condamnée à se déplacer gauchement et à cacher ses énormes cuisses dans de larges pantalons. Son intelligence limitée et endormie désespérait les professeurs particuliers que son père, riche industriel espagnol, payait pour assurer son instruction. Un jour d’août 1923, Jacques, âgé de 12 ans, ne parvenait pas à s’endormir. Il éprouvait le désir de monter sur la terrasse mais n’osait pas, de crainte de se faire gronder par ses parents. Enfin, n’y tenant plus, il se hissa jusqu’au milieu de la terrasse, étendit une couverture et s’allongea par cette belle nuit d’été.

Il ne sut jamais s’il avait rêvé : de la mer il vit surgir des véhicules en forme de delta, d’aspect métallique. Deux d’entre eux s’approchèrent de la terrasse et se posèrent. Leur taille variait entre 2 et 3 mètres. L’un des véhicules sembla se « déplier » et fit apparaître une ouverture de laquelle sortit un être de un mètre vingt de haut. Il était vêtu d’un manteau blanc brillant et marchait en effleurant à peine le sol. Il s’adressa à Jacques : - Nous sommes venus te trouver parce que nous t’avons pris sous notre protection. Tu deviendras un homme fort dans ton corps comme dans ton esprit. En attendant, comme gage de notre amitié, prends ceci (il lui tendit une sorte de gros bonbon carré, noir). Mange-le entièrement et ne t’étonne pas de la nouvelle existence qui va commencer pour toi. Nous reviendrons plusieurs fois au cours de ta vie...   L’être retourna à son véhicule qui rejoignit les deux autres pour s’envoler en direction de Barcelone.

La tiédeur du soleil matinal réveilla Jacques d’un calme sommeil. Il avait dans la bouche une saveur âcre et des traînées noires salissaient les commissures de ses lèvres. A partir de ce jour, ce garçon gras et mou subit une métamorphose spectaculaire que ne peuvent expliquer ni la puberté, ni l’effet d’un rêve d’orientation. En quatre ans, il devint un magnifique athlète passionné de sport, d’une intelligence vive, s’intéressant à l’astronomie, aux sciences naturelles, à la psychologie. Il effectuait seul de longues randonnées dans la montagne. Il s’enfuit de chez lui avec deux amis pour former une troupe d’athlètes qui se produisit sur la piste du Cirque Olympia de Barcelone. Le scandale était grand dans sa famille traditionaliste et bourgeoise. Il enleva la bonne de la maison, se maria et eut bientôt un petit garçon. Il se consacra de plus en plus à la montagne, escaladant les plus hauts sommets. Peu avant la guerre civile (1936), il obtint le poste de météorologiste à l’Observatoire du Mont Cenis. Il y vécut quelque temps complètement seul et une nuit, on frappa à la porte. Il se leva, ouvrit et ne vit rien. Il prit son fusil et fit le tour du refuge : personne ! Il se recoucha et entendit gratter au volet en bois plein de la fenêtre, laquelle dominait une pente verticale de quelques centaines de mètres. Il ouvrit la fenêtre et aperçut une silhouette qui, lui tournant le dos, marchait dans l’air au-dessus de l’abîme et finit par s’effacer, disparaître dans la nuit !   Peu de temps après, la guerre civile (1936-1939), éclata en Espagne. Jacques créa un mouvement de résistance (région du Mont Cenis). Victime d’une dénonciation, il fut capturé, subit des tortures épouvantables. Envoyé dans le camp de concentration d’Ogern, il devint si maigre qu’on voyait les noeuds de ses intestins se dessiner sur la peau de son abdomen ! Finalement, une évasion rocambolesque le sortit de là. Incorporé de force dans l’Armée nationaliste, son refus de maltraiter les prisonniers "rouges" lui valut d’être condamné à mort. Trois soldats visèrent son corps appuyé contre un mur. Mais, à quatre mètres de distance seulement, les exécuteurs, visant les parties vitales, ne purent l’atteindre ! Leur chargeur vidé, ils s’enfuirent, épouvantés ! Jacques, absolument indemne, se rhabilla tranquillement et des amis lui procurèrent les documents nécessaires pour passer en France. Pris d’une impulsion subite, il se mit à peindre et exposa, dans une salle du Palais Municipal de Perpignan, des tableaux très appréciés. Muni du titre officiel de Guide Alpin, il accepta de diriger un petit hôtel, dans un village non loin de Vernet-les-Bains.

Un jour de 1951 , il fut abordé par un inconnu surgi devant lui à l’improviste. Il était grand, large de carrure, les yeux d’un azur limpide; ses cheveux, d’un blond lumineux, retombaient sur ses épaules. Le pantalon, très collant, dessinait la musculature des cuisses; les bottes noires et très ajustées ne possédaient pas de système de fermeture apparent; par contre, la blouse ample était fixée au pantalon par une fine ceinture. L’énigmatique inconnu lui adressa la parole d’une voix monocorde, en excellent français : - Je voudrais vous demander une faveur : pourriez-vous me fournir, tous les jours à la même heure, deux bouteilles de lait et un pain ?   Jacques accepta et un étrange manège commença : l’inconnu prenait le pain et le lait sans presque jamais ouvrir la bouche et s’en retournait sur le sentier grimpant. Pourtant, un jour, Jacques - qui le prenait pour un Allemand - lui demanda d’où il venait. «De là-haut» répondit, laconique, ce personnage peu bavard. Jacques pensa que, par « là-haut », il entendait la montagne.

Peu à peu, les habitués de l’auberge le virent parfois s’asseoir dans le patio, mais sans jamais commander une boisson. Un jour, il se mit à parler, mais on comprenait très mal cette conversation où les concepts étaient trop profonds et insolites. Une fois, il expliqua qu’il effectuait le relevé topographique du Canigou (Pyrénées Orientales), et il déplia une feuille de papier avec tous les relevés de niveaux et des signes incompréhensibles. Il avait accompli ce travail seul, sans même bronzer au soleil de la montagne. Un jour, Jacques suivit l’inconnu sans être vu et découvrit son campement : une étrange tente conique d’un gris métallique, près de laquelle se tenait un être semblable à lui, mais qui lui parut être une femme. L’inconnu vint lui parler, développa des thèmes socio-politiques : « Votre planète est constituée d’une société équilibrée... L’égoïsme humain n’est pas congénital... l’Homme, avec son orgueil, ignore que sur la Terre est en train de se développer un animal en plein processus d’évolution qui, avec le temps, le remplacera... Même vos enfants subissent une mutation... ». Son regard semblait s’illuminer quand il parlait, sans que jamais un véritable sourire se produise. Une fois, le maire de la commune lui demanda ses papiers mais, décontenancé par le regard si profond de l’inconnu, il se retira sans obtenir de réponse. Le fils de Jacques voulut un jour photographier son père avec son ami, mais celui-ci le fixa en répondant « non » et son visage s’assombrit d’une façon très particulière. Devant l’insistance du garçon, il consentit : « Fais-le, mais cela ne servira à rien ». En effet, sur la pellicule, les deux négatifs en question, et eux seuls, se révélèrent être transparents ! Mais enfin, s’enquit Jacques, d’où venez-vous, exactement ? (Aucune réponse). Vous ne pouvez pas essayer de nous expliquer, d’être plus compréhensible ? L’inconnu s’efforça d’être plus clair afin que Jacques comprenne. Il ponctuait de « Bravo, bien compris ! », quand son interlocuteur avait enregistré convenablement ses explications.

Puis le jour du départ arriva : - Demain, je retournerai « là-haut » et comme je n’ai pas d’argent comme le vôtre, je vous paierai le pain et le lait avec quelque chose que vous appréciez, vous, Terriens. Malgré les protestations de Jacques, le lendemain, l’inconnu prit dans sa ceinture un petit paquet qui contenait des pierres noirâtres : - Ce sont des pépites d’or. Le Cadi (rivière du Canigou) est aurifère. Lorsque Jacques porta les pierres à un bijoutier de Perpignan, on les lui paya très cher.

L’étrange épisode resta enfoui dans la mémoire de Jacques pendant dix ans, jusqu’au jour où, lors d’une conversation avec le Dr Marcel Pagès , le souvenir lui revint brusquement ! Peu à peu, des facultés paranormales s’éveillèrent en lui et favorisèrent ses activités. Maintenant (années 50/60?), il est l’industriel le plus puissant d’Andorre. Il réussit à guérir sa femme atteinte d’une hernie discale et traita avec le même succès d’autres personnes. Pendant l’été 1971 , installé dans son chalet andorran, il reçut un mystérieux coup de téléphone où il reconnut la voix monocorde de son visiteur de Casteil. « Tu ne vieilliras pas, lui annonça-t-il, et ton âme s’ouvrira aux vérités éternelles... Je te parle depuis une voiture dans les bois de Vincennes ». Ceux qui le connaissent ne peuvent pas douter. Tous les médecins sont d’accord pour dire qu’il a les artères d’un jeune de vingt ans et il n’a aucune bactérie intestinale. Il ne dort que quelques heures par nuit, passant une grande partie de la nuit nu et immobile, debout. Il fait énormément de ski et ne semble jamais fatigué.

" Cette enquête (poursuit le texte) est accompagnée de photos de Jacques Bley, avant et après (aucune photo, hélas, avec le texte qui m’a été communiqué! J.G). Autres documents : interviews auprès d’amis, celles de l’ancien maire de Casteil et d’habitants du village, du bijoutier qui se rappelle très bien le jour où on lui apporta les pépites, de photos de l’homme à peine vêtu lorsqu’il guidait les touristes sur les pentes enneigées du Canigou." (fin du texte).

Mise à jour du 5/10/2014 :
D'après l'ouvrage d'Olivier Rimbault intitulé : "Démons et Merveilles du Canigou" aux éditions Les Presses Littéraires paru en août 2014, ce récit proviendrait non pas d'une "enquête" d'Antonio Ribera mais d'une nouvelle parue en 1969 sous le pseudonyme de Ricardo Blasco (Antonio Ribera). Il s'agirait donc bien d'un conte fictif. On le garde quand même dans nos archives pour son côté insolite mais OVNI66 se devait de préciser cette nouvelle information.