Canalblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
OVNI 66 - Pyrénées-Orientales
16 août 2026

[R1] Tananarive, 16 août 1954 - L'étrange survol de la capitale malgache !

Voici un cas qui reste inexpliqué à ce jour, mentionné dans le rapport COMETA* en 1999, lui-même "divulgué" par le gouvernement américain le 8 mai 2026 [R1].
 

Témoignage devant le comité

 

Edmond Campagnac, ancien officier d’artillerie et ancien chef des services techniques d’Air France à Madagascar, retraité au moment de sa déposition, est venu témoigner devant la commission. Le phénomène décrit ci-dessous s’est produit le 16 août 1954 à Antananarivo. Il a été observé par plusieurs centaines de témoins.

 

À 17h, alors que le personnel du bureau d’Air France attendait l’arrivée du courrier, quelqu’un aperçoit dans le ciel une « grosse boule verte » se déplaçant à grande vitesse. La première pensée des témoins a été qu’il s’agissait d’un météore. Le phénomène disparaît derrière une colline, et ils ont pensé que la boule verte allait s’écraser au sol et qu’ils allaient ressentir l’impact.

 

Cependant, elle réapparut au bout d’une minute. En passant en plein travers des observateurs, elle se révéla être « une sorte de ballon de rugby métallique précédé d’une partie en forme de lentille verte nettement détachée, avec des flammèches s'échappant à l’arrière ». Selon l’estimation des témoins, la « boule » mesurait la longueur d’un avion DC-4, soit une quarantaine de mètres. La partie en forme de lentille verte se détachait à l'avant à un peu moins de 40 m devant, avec des flammèches assez longues. L’engin a survolé Antananarivo à une hauteur estimée entre 50 et 100 mètres, estimation rendue possible par comparaison avec la hauteur d’une colline voisine. Au fur et à mesure que l’engin se déplaçait, les lumières des magasins s’éteignaient et les animaux manifestaient une réelle inquiétude.

 

Après avoir survolé Antananarivo, l’engin est reparti vers l’ouest. Lorsqu’il a survolé le parc à zébus de la ville, il a provoqué une violente réaction de peur parmi les animaux. Ce détail est surprenant, car normalement, ces animaux ne manifestent aucune agitation lorsque des avions d’Air France passent au-dessus d’eux. Deux ou trois minutes plus tard, un engin identique a été observé à 150 km de là, au-dessus d’une école d’agriculture. Là aussi, les troupeaux ont été pris de « panique ». Si l’engin aperçu était le même que celui d’Antananarivo, sa vitesse aurait dû être de l’ordre de 3 000 km/h. Selon le récit de Campagnac, le général Fleurquin, commandant en chef à Madagascar, a constitué une « commission scientifique » pour mener une enquête sur ces phénomènes. Aucune trace de cette enquête n’a pu être trouvée dans les archives de l’armée de l’air ; cependant, le bulletin n° 6 du GEPA (Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux) du second semestre 1964 décrivait cette observation.

 

Image extraite d'un document INA

 

La première pensée des témoins a été qu’il s’agissait d’un météore.

 

Pourquoi pas ? L'hypothèse de plusieurs météores tient la route par bien des aspects : forme, luminosité, fragmentation, absence de bruit, vitesse, vert pour les uns, orange pour les autres, trainée lumineuse, étincelles colorées, ionisation de l'air, vert fluorescent, 2 axes de trajectoires. Tout porte à croire que l'hypothèse de l'observation de plusieurs bolides qui se sont succédés au moment du passage de la Terre dans un essaim de météores est très raisonnable. Il en faudrait au moins deux dont un qui se fragmente, pour que les différents témoignages se complètent de manière cohérente.

 

Une enquête sans archives ?

 

Edmond CAMPAGNAC déclare dans une interview datée de 1965 sur Provence Actualités que le général Fleurquin qui commandait l'armée de l'air à l'époque, a demandé au révérend père COZE, de l’observatoire astronomique de Tananarive, de faire un rapport. Il aurait interrogé plusieurs centaines de témoins. Son rapport aurait fait sensation ! Pourtant, aucune trace officielle de cette investigation n’a été retrouvée dans les archives militaires connues.

 


3 interviews d'Edmond Campagnac réunies par mIm mOUm (pépite : Jimmy Guieu en 1965)

 
Des durées différentes selon les observateurs

 

La durée exacte de l'observation demeure incertaine. Edmond Campagnac l'évaluait rétrospectivement à environ deux minutes, dont une trentaine de secondes pendant lesquelles l'objet aurait été masqué par une colline. Un autre témoin, M. Grimout (cité dans la revue Lumières Dans La Nuit, n°328, juillet-août 1994), estimait cependant son observation à seulement quinze à vingt secondes. Autrement dit, si l'on retient une durée de 20 à 40 secondes pour Tananarive, la durée n'est plus un argument fort contre l'hypothèse d'un ou plusieurs bolides car rien n'exclut que le premier PAN fut le même que celui observé la minute d'après.

 

Une étrangeté relative...

 

Ce sont alors d'autres éléments qui deviennent intrigants : la trajectoire rapportée, la réapparition après occultation (rien n'exclut qu'il s'agisse du même PAN), le supposé vol à basse altitude (incompatible avec la vitesse estimée) et la coupure d'électricité. Dans le premier témoignage rapporté, il est question d'une coupure d'électricité. Puis au fil des interviews, la coupure s'est transformée en interruption momentanée au passage de l'OVNI, et retour des lumières après son passage. En réalité, même s'il est question d'une coupure de courant, celle-ci serait revenue 10 minutes plus tard d'après certains témoins. Les coupures de courant étaient-elles vraiment exceptionnelles en 1954 à Madagascar ? 
Au fait, que la lumière revienne après une coupure, c'est plutôt courant, non ?

 

 

Evaluation des distances et vitesses des aéronefs  selon leur altitude (image IA)
Evaluation des distances et vitesses des aéronefs selon leur altitude (image IA)


Concernant le survol à basse altitude, si l'estimation de Campagnac est bonne, il semble difficile de faire durer 1 à 2 minutes le passage d'un quelconque objet se déplaçant à 400 km/h en milieu urbain, sauf s'il se trouve à une altitude respectable, de l'ordre de plusieurs kilomètres. L'une des données (l'altitude ou la vitesse) est donc mal évaluée.

 

1994 : 40 ans plus tard, 11 témoins recensés.

 

L'affaire connaît un tournant en 1994 lorsque la revue Lumières Dans La Nuit (n° 328) publie le résultat d'une longue enquête consacrée à l'observation de Tananarive.

 

L'article de Joël Mesnard ne se limite pas à publier de nouveaux témoignages. Il constitue un véritable travail d'enquête : recherche d'archives, identification de témoins, confrontation des récits, reconstitution des lieux et des horaires, une analyse critique des divergences et une tentative d'établir une chronologie aussi fiable que possible.

 

L'intérêt majeur de cet article réside aussi dans l'enquête menée pour retrouver d'autres témoins et confronter leurs souvenirs. Jusqu'alors, le dossier reposait essentiellement sur le récit d'Edmond Campagnac. Les enquêteurs parviennent à identifier plusieurs autres personnes ayant assisté à la scène, aussi bien parmi les Européens que parmi les Malgaches.

 

Le témoignage le plus développé est celui de Louis Grimout, recueilli en 1973. Son récit confirme plusieurs points déjà connus, notamment la coupure générale d'électricité et l'émotion suscitée dans la ville. En revanche, il diffère sur certains détails, qu'il s'agisse de l'aspect de l'objet, de sa durée d'observation ou de sa position apparente. Les auteurs ne cherchent pas à gommer ces divergences ; ils les discutent et envisagent plusieurs explications, allant d'erreurs de mémoire aux difficultés de reconstituer précisément les lieux près de vingt ans après les faits.

 

Couverture du n° 328 de la revue Lumières Dans La Nuit (LDLN) parue l'été 1994
    Couverture du n° 328 de la revue LDLN parue l'été 1994    

 

L'enquête prend ensuite une dimension nouvelle grâce aux recherches menées à Madagascar même. Quatre témoins malgaches sont retrouvés. L'un d'eux, ancien policier, avait conservé dans son agenda une note rédigée au moment des faits, ce qui permet enfin d'établir avec certitude la date du 16 août 1954. Les autres témoignages, recueillis indépendamment, décrivent eux aussi un phénomène lumineux observé au-dessus du centre-ville, dans des rues alors très fréquentées. Sans être identiques, ces récits présentent des convergences suffisantes pour confirmer qu'un évènement inhabituel a bien marqué les esprits.

 

Les recherches entreprises par les auteurs mettent également en évidence les limites du dossier. Malgré des investigations dans les archives et la presse locale, aucune trace du rapport attribué au père Coze n'est retrouvée, pas plus que d'article de journal décrivant l'observation. Les enquêteurs découvrent également qu'au moins un autre phénomène aérien, survenu à Tananarive à une autre époque, a pu être confondu avec celui de 1954. L'intérêt principal de cette étude est donc moins d'apporter une preuve définitive que de montrer que l'affaire repose sur un ensemble de témoignages indépendants, parfois discordants sur les détails mais convergents sur l'existence d'un phénomène suffisamment marquant pour être resté dans les mémoires plusieurs décennies après les faits.

 

image extraite d'une interview d'Edmond Campagnac
image extraite d'une interview d'Edmond Campagnac (le tracé du PAN est volontairement coloré)

 

Une trajectoire étrange :

 

Finalement, le point le plus difficile à expliquer est la trajectoire décrite par Edmond Campagnac. Le reste n'est pas si étrange. On pourrait raisonnablement défendre l'hypothèse d'un ou plusieurs météores, avec une fragmentation, des feux de combustion, l'absence de bruit. Les animaux effrayés par cette lumière verte soudaine et les détonations en haute altitude (audibles pour les bêtes), n'ont rien d'étonnant. Tout cela pourrait coller avec l'hypothèse de météores comme la Terre en rencontre si régulièrement.



Robert Alessandri a élaboré une reconstitution magistrale de la trajectoire du bolide, le résultat est assez bluffant : l'hypothèse météore permettrait d'expliquer cet évènement exceptionnel certes, mais naturel :


https://univers-ovni.com/ufologie/tananarive.html

 

 

2026 : la piste des archives jésuites

 

Les jésuites impliqués dans l’enseignement, la recherche scientifique ou l’évangélisation (comme à Tananarive) avaient souvent l’obligation de rendre des comptes à leurs supérieurs ou de partager leurs découvertes.

 

Il me paraissait possible que des notes soient classées sous le nom du père Charles POISSON (le directeur de l'observatoire astronomique de Tananarive) plutôt que sous le nom du père Coze, son adjoint. À Tananarive, l’observatoire est connu pour ses travaux en astronomie, sismologie et météorologie, domaines où la traçabilité des données est cruciale. Même en 1954, un directeur d’observatoire (comme Charles Poisson) avait probablement des obligations de reporting plus strictes qu’un adjoint (comme Coze).

 

Dans les archives jésuites, le Fonds de la Province de Toulouse, avec la série VIII Observatoire Tananarive (FMa 951 à 1004) était prometteur car il couvrait l'année 1954.

 

Les documents sont conservés aux Archives françaises de la Compagnie de Jésus à Vanves. La consultation se fait uniquement sur place, dans la salle de lecture dédiée, et sur rendez-vous. 

 

J'ai donc contacté l'archiviste qui m'a répondu avec une réactivité impressionnante seulement quelques heures après ma requête. La liste des rubriques qu'il m'a faite parvenir, longue de 40 pages, ne mentionne que très peu l'observatoire de Tananarive. Il restait à les consulter dans le détail. 


Je partais du principe simple : si les notes, courriers, échanges, bulletins du père Charles POISSON, alors directeur de l'observatoire de Tananarive, mentionne cet évènement, en tant qu'astronome, il en parlerait mieux que quiconque, avec les termes appropriés et les évaluations les plus précises que l'on puisse trouver.

 

Si au contraire, il ne mentionne rien sur cet évènement céleste pour l'année 1954, cela serait extrêmement suspect. On pourrait dès lors parler d'un mythe construit au fil du temps à partir d'un évènement insignifiant que les astronomes n'auraient même pas pris la peine de noter ? Ce serait étonnant.



Son adjoint, le père COZE était, selon diverses sources, chargé par les autorités, de recueillir les témoignages de personnes malgaches et européennes. Et même s'il n'a pu en traiter que quelques dizaines, cela constituerait un formidable puits de ressources pour reconsidérer cette observation de masse avec des angles de vue différents, des estimations diverses, qui permettraient de reconstituer l'évènement.


Consultation des archives jésuites de Vanves

 

Mon contact aux archives jésuites de Vanves me répondit ceci après quelques jours :

"Je vois dans l'inventaire qu'il n'y a que deux articles qui seraient potentiellement concernés au regard de la date que vous recherchez (1954). 
 

- FMa952 Observatoire. Notice et travaux. Sans date
- FMa956 Notices, rapports, correspondance [pièces ms ou dact.], 1924-1956.

 

Après vérification le FMa952 est trop antérieur ; et le FMa956 ne contient pas de documents de 1954. Les quelques rapports/notes datés de 1950, 1953 et 1956 discutent du fonctionnement administratif, RH et logistique de l'observatoire. 
 

Par ailleurs, nous n'avons pas les archives des pères Coze et Poisson.
J'ignore enfin si des archives sont restées sur place."


C'est ce qu'on appelle, faire |soupe aux] choux blancs !


Il reste au moins deux pistes à fouiller :
- celle des archives de l'observatoire astronomique d'Antananarivo à Madagascar,
- celle du Général Fleurquin

Ont-elles déjà été explorées ? Je ne sais pas mais cela, ce sera pour une éventuelle suite... Qui s'y colle ?


En attendant, ce cas publié dans le rapport COMETA, dont le niveau d'étrangeté ne dépend finalement que d'un seul témoin (les autres témoignages sont classiques d'une rentrée atmosphérique) n'est pas LE CAS HISTORIQUE que l'on a bien voulu nous vendre, loin de là !


Le rapport COMETA, qui fut publié en 1999 en France avec un très fort retentissement auprès du public et des politiques, fait partie de ces documents "déclassifiés" par le gouvernement américain lors de la première vague de "divulgation" le 8 mai 2026. Pourtant ce rapport fut édité, publié, partagé depuis 1999 en France et n'était pas du tout classé secret. À noter que le rapport COMETA classe le cas Tananarive comme "intéressant car il appartient au monde de l'aéronautique" (chapitre 3), alors que ce n'est pas tout à fait exact, il semble qu'il s'agisse là, d'une tentative d'argument d'autorité !
 


extrait du rapport français COMETA, en anglais, divulgué le 8 mai 2026 lors de lapremière vague de divulgation
Extrait du rapport français COMETA, en version anglaise, divulgué le 8 mai 2026 [R1]


Pascal GUILLAUMES

Source du document divulgué par le Ministère de la Guerre US  [R1] :
https://www.war.gov/UFO/release/01/#255_413270_UFOs_and_Defense_What_Should_we_Prepare_For

Autre site qui relate ce cas :
https://ufologie.patrickgross.org/htm/tana54f.htm


Un joli travail de reconstitution par Robert Alessandri :
https://univers-ovni.com/ufologie/tananarive.html#trajectoire

Commentaires
OVNI 66 - Pyrénées-Orientales
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 809 321
Articles récents