[R4] DOW-UAP-PR116, Rapport non élucidé concernant un UAP, océan Atlantique, 2020
Le Commandement du Nord des États-Unis a transmis au Bureau de résolution des anomalies tous domaines (AARO) un rapport faisant état d’un phénomène anormal non identifié, accompagné d’une séquence vidéo de 32 secondes provenant d’un capteur infrarouge embarqué à bord d’une plateforme militaire américaine en 2020.
Un compte-rendu d'observation, référencé DOW-UAP-D091, décrit le phénomène comme « de couleur sombre, tirant vers le marron, d'une hauteur d'environ 12 à 15 pieds ». Le rapport indique que le phénomène « se déplaçait au gré du vent » et précise qu'il n'a pas « manœuvré ni changé de direction ». Il décrit également le phénomène comme ressemblant à un « grand ballon quelque peu déformé ».
Description de la vidéo :
00:01-00:32 : La caméra effectue un zoom et un panoramique afin de maintenir une zone de contraste globalement au centre du cadre.
Cette description de la vidéo est fournie à titre informatif uniquement. Les lecteurs ne doivent pas interpréter la moindre partie de cette description comme reflétant un jugement analytique, une conclusion d’enquête ou une constatation factuelle concernant la validité, la nature ou l’importance de l’événement décrit.
Des expurgations ont été effectuées afin de protéger l’identité des témoins oculaires, l’emplacement des installations gouvernementales ou des informations potentiellement sensibles concernant des sites militaires sans rapport avec les PAN. Aucune expurgation n’a été effectuée sur les dossiers rendus publics en vertu de la directive du président Trump concernant les informations relatives à la nature ou à l’existence de toute rencontre signalée comme un PAN ou un phénomène connexe.
Que peut-on penser de cette vidéo ?
Le phénomène en lui-même représente, aux dires même de l'armée, un grand ballon quelque peu déformé, de couleur sombre, tirant vers le marron, d'une hauteur d'environ 3.65m à 4.60m, qui se déplaçait au gré du vent, qui n'a pas manœuvré ni changé de direction.
Franchement, si j'étais chargé d'une campagne de communication visant à convaincre le public de l'existence d'un phénomène extraordinaire (comme certains clowns le laissent croire), je ne choisirais jamais ce cas.
Il est lent.
Il suit le vent.
Il ne manœuvre pas.
Il ressemble à un ballon.
Il n'y a aucun comportement anormal.
Pourtant certaines personnes pensent : « Si le gouvernement publie cette vidéo, c'est qu'elle doit être exceptionnelle. ». Mais elle ne l'est pas !
Pourquoi publier précisément ce cas, alors qu'il paraît aussi banal ?
Peut-être parce qu'il illustre très bien le quotidien d'un bureau comme l'AARO : beaucoup d'observations ambiguës qui, une fois examinées, s'avèrent compatibles avec des explications prosaïques. C'est presque un cas d'école pour expliquer ce qu'est un « phénomène non identifié » au moment du signalement, avant qu'une analyse plus complète ne soit menée.
L'AARO ne cherche pas uniquement à montrer des cas extraordinaires ; il cherche aussi à illustrer la réalité de son travail. La plupart des signalements ne débouchent pas sur un phénomène inexpliqué mais sur des objets banals observés dans des conditions particulières. Publier des cas banals n'est pas un échec de la transparence. Au contraire, une véritable politique de divulgation consiste à montrer l'ensemble des observations, pas uniquement celles qui alimenteraient le sensationnel. Si la majorité des vidéos étudiées concernent des ballons, des drones ou des phénomènes atmosphériques, il serait logique qu'une partie importante des documents publiés leur soit consacrée.
Quelle leçon en tirer ?
Depuis les auditions au Congrès et les témoignages très médiatisés (Fravor, Graves, Grusch...), une partie du public s'attend à une révélation spectaculaire.
L'AARO adopte presque la stratégie inverse : "regardons les données."
Et les données conduisent souvent à des explications ordinaires. Plus un organisme est rigoureux, plus il publie des cas ordinaires. On ne juge pas la qualité d'un organisme à sa capacité à produire des mystères, mais à sa capacité à les résoudre lorsque les données le permettent.
Un jour, quelqu'un m'a parlé de l'existence d'un cas D2 en France. Rien, dans les dossiers que j'ai pu consulter au fil des années, ne m'a conduit à penser que le GEIPAN conserverait secrètement des cas démontrant une origine exotique. Mon expérience me conduit à penser que les cas réellement extraordinaires sont beaucoup plus rares que ne l'imagine souvent le public. Mais qui sait ? On va patienter et attendre le cas béton dont les "lanceurs d'alerte" semblent connaître l'existence...
Divulgation US : Pourquoi je continue à publier ces documents tout en les critiquant ?